H.M.S. DAFFODIL
ou TF3 (TF = Train Ferry)
Histoire
UN PEU D’HISTOIRE
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Le train-ferry (T.F.) est une invention qui date du milieu du 19e siècle. À l’origine, lors de la création du chemin de fer, il s’agit de trouver une solution au problème du franchissement des lacs et des rivières. Les TF1, TF2 et TF3 sont construits entre 1914 et 1918. La première ligne régulière fut inaugurée le 10 février 1918 entre Dieppe et Southampton. Le TF1 fut nommé H.M.S. Princess Iris pendant la Seconde Guerre mondiale, puis renommé Essex Ferry et Essex Ferry II en 1956 pour son retour dans la vie civile jusqu’en 1957. Le TF2 n’a jamais été renommé (selon nos données) et a sombré devant Saint-Valéry-en-Caux le 13 juin 1940. Le TF3 ou H.M.S. Daffodil était classé dans la catégorie des LSS (Landing Ship Sternchute), ce qui signifie quelque chose comme « navire de débarquement par rampe arrière ». Il était équipé de quatre paires de rails (deux de 72 m et deux de 95 m). Ces bâtiments ont traversé la Première Guerre mondiale sans encombre. C’est pendant le conflit de 1939-1945 qu’ils ont coulé. Les bateaux ont servi à l’évacuation des îles Anglo-Normandes ainsi que de Saint-Valéry-en-Caux. C’est en Pays de Caux que le TF2 sombre. Le 13 juin 1940 à l’aube, le navire se présente devant Saint-Valéry-en-Caux, ignorant que les batteries côtières sont désormais aux mains de l’ennemi. Mal renseigné, il subit exactement le même sort que le Granville. Sévèrement touché par les tirs allemands, le bateau dérive en flammes, abandonné par son équipage. Le TF2 disparaît aux coordonnées suivantes : 49° 56’ 316 N et 00° 56’ 868 E, à un mille des roches de la Pointe d’Ailly. Des navires anglais, les chasseurs 6 et 7, récupèrent vingt survivants. |
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Carte postale – D.R. |
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Quant au TF3, il subira quelques transformations ! Il perd ses deux cheminées latérales, remplacées par une seule, désormais placée au centre du navire. Au passage, le bateau change également de nom. Il devient H.M.S. Daffodil et poursuit la guerre sous cette appellation. Au départ de Southampton, son port d’attache, le H.M.S. Daffodil traversera sans encombre la Seconde Guerre mondiale, s’illustrant notamment lors du débarquement de juin 1944 en Normandie. En 1945, le 17 mars à 23 heures précisément, il heurte une mine devant Dieppe. Il ne coule que le lendemain à 5 h 40. Un naufrage qui provoqua neuf morts. Ironie du sort, les deux sister-ships anglais ont sombré à quelques kilomètres l’un de l’autre : - le TF2 devant la Pointe d’Ailly en 1940 Aujourd’hui, les deux épaves situées aux abords de Dieppe sont relativement faciles à trouver, étant balisées chacune par une bouée cardinale (en raison du danger qu’elles représentent pour la navigation des gros navires à fort tirant d’eau). |
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Le plan du Daffodil :
(Cliquez sur l’image pour l’agrandir) |
Document téléchargeable :
LE H.M.S. DAFFODIL ET LES PREMIERS TRAIN-FERRIES TRANSMANCHE
Plongée
PLONGÉE SUR LE H.M.S. DAFFODIL
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Dessin de Jean-Luc Lemaire |
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Malgré les craintes évoquées lors de la parution de La Saga des Épaves du Pays de Caux, les gravats rejetés en mer suite à la construction du nouveau terminal Trans-Manche n’ont pas affecté l’épave. On en retrouve ça et là sur le pont principal arrière et autour de l’épave, mais pas au point de la dénaturer. Sûrement l’une des plus imposantes épaves de la région, le H.M.S. Daffodil mesure 107 m de long pour 18 m de large. Facile à trouver de par sa taille, il convient néanmoins de se méfier de ne pas la confondre avec les gravats que l’on retrouve tout autour. Les données du sondeur, aide précieuse, doivent être interprétées avec discernement. En effet, l’appareil peut vous signaler un écho entre 4 et 6 m par endroit. Attention donc à ces informations trompeuses qui ne matérialisent pas l’épave à coup sûr ! |
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Croquis de l’épave vu par René Tamarelle

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Rapport Dominique Resse du 1/10/2014 |
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Coupé en deux à la hauteur des chaudières, le H.M.S. Daffodil présente néanmoins une belle forme de bateau. Le plongeur peut réaliser deux types d’explorations sur ce site. Les conditions sont fréquemment favorables, malgré l’éloignement de la côte (environ 6 milles – Dérogation pour bateau de 4e catégorie). Par fort coefficient de marée, la profondeur maximale peut atteindre –24 m au sable. Une première plongée consiste à effectuer un tour complet de l’extérieur de l’épave, tellement cette dernière est imposante. Attention, vous n’en ferez le tour que si vous avez la connaissance du site. Certes, la visibilité, souvent bonne sur ce lieu, ne doit pas faire oublier la cassure. Les deux tronçons ne sont pas tout à fait l’un en face de l’autre… Vous pouvez vous retrouver dans le « vert » rapidement. Au cours de cette première visite sur le H.M.S. Daffodil, vous découvrirez les coursives sur bâbord avant et arrière, avec les traditionnels vestiges de toilettes. Vous remarquerez quelques hublots encore visibles. La seconde plongée consiste à pénétrer l’épave. L’intérieur du H.M.S. Daffodil ne présente pas de difficultés réelles et vous pourrez satisfaire votre curiosité. Ce navire, spécialisé dans le transport de trains, vous laissera découvrir son pont supérieur avec ses lignes de rails. Vous identifierez aisément les structures très solides dans lesquelles sont tapies deux immenses moteurs à quatre cylindres. Enfin, la salle des machines, presque intacte, vous poussera à imaginer la puissance qu’elles délivraient. |
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Ce site est un des endroits de prédilection des bancs de lieus jaunes. Ces poissons affectionnent particulièrement les zones de sable fin qui entourent le H.M.S. Daffodil. Congres et homards, cohabitant en parfaite harmonie, vous régaleront de leurs ballets. Des régiments de bars constitueront vos plus fréquentes rencontres. Le H.M.S. Daffodil est probablement l’une des plus belles épaves de la région de Dieppe, avec le H.M.S. Berkeley. |
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(Épave du Daffodil vue par Michel TORCHE du GRIEME)
RÉCIT DE PLONGÉE… ÉMOTION !
Sortie du 20 octobre 2002
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Cette plongée du 20 octobre 2002 marquera nos mémoires pour un bon moment. En effet, outre la venue surprise en France des amis plongeurs anglais de l’expédition Quevilly et La Combattante, il est une rencontre exceptionnelle que nous avons faite sur le H.M.S. Daffodil en ce dimanche, au large de Dieppe. La sortie était organisée par le GCOB auquel s’était joint Orca, le bateau d’Olivier et Véronique. Côté GRIEME, nous souhaitions faire découvrir nos épaves à Kévin Smith, Martin Fry et Billy Hill, spécialement venus en France pour assister à une conférence sur La Combattante (le samedi à Courseulles-sur-Mer), mais aussi pour effectuer une immersion en Manche. Bien leur en a pris, car ce fut une plongée exceptionnelle ! Non grâce à la visibilité (à peine 4 à 5 m), mais par la rencontre faite ce jour. Destination le H.M.S. Daffodil, grande épave en bon état général et peu profonde, qui autorise des immersions de 45 à 60 minutes. Qui plus est, le navire est britannique, cela va plaire à nos invités. C’est Hélène, notre pilote préférée, qui nous emmène sur zone à bon train (merci pour les vertèbres) et de main de maître, ou de maîtresse devrais-je dire. Arrivée sur site, la demoiselle se permet d’accrocher l’épave du premier coup, enfin presque ! Toute l’équipe de plongeurs se prépare, quand soudain, un autre bateau, venant s’amarrer au même endroit, nous lance : « On vous amène un dauphin ! » Rapide regard vers le navire pour apercevoir une belle bête d’environ trois mètres de long, pour un poids estimé à 300 kg. C’est un Tursiops truncatus. Émerveillement sur Galathé, le pneumatique du GCOB ; quant aux passagers d’Orca, ils sont cloués sur place. Le dauphin fait preuve de curiosité et n’arrête pas de tourner autour des bateaux pendant notre préparation. À la mise à l’eau, point d’effarement, bien au contraire, la recherche du contact est évidente et les caresses de chacun semblent lui plaire énormément. Le scooter sous-marin a même un effet un peu trop euphorique sur lui, qui, tout excité, cherche à grignoter mon engin et mes palmes. |
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Après quelques minutes passées ensemble en surface, il va bien falloir se séparer pour descendre vers les profondeurs où repose le H.M.S. Daffodil. La marée ne nous laisse guère trop de temps pour nous amuser avec notre nouveau compagnon. Et alors là, les amis, quelle ne fut pas notre surprise de voir le dauphin se mêler aux plongeurs et aller d’une palanquée à une autre en demandant en permanence des petits câlins ! Parfois même, il devenait un peu gênant en essayant de se faufiler en même temps que nous dans le dédale des poutres et des tôles. Pas une seconde sans l’avoir à nos côtés et, bien que toutes les palanquées ne fussent pas au même endroit, chacun a eu l’impression de passer la plongée entière en sa compagnie. Il faut dire que, sur une épave de 107 m de long, il faut moins de dix secondes à l’animal pour la parcourir en totalité. Vers la fin de la plongée, m’étant un peu habitué à sa présence, vu qu’il jouait avec nous depuis 45 bonnes minutes, je me surprenais à le tapoter amicalement tout en continuant de fouiller des yeux les contours de l’épave. Caresses amicales prodiguées, comme si c’était un bon « toutou » assis à mes pieds pendant que je regarde la télé. Je me suis même entendu lui dire : « Oui, c’est bien, gentil le dauphin, gentil ! » Retour au mouillage, toujours en sa compagnie, et petit coup de main de sa part pour m’aider à monter sur le bateau. – « Merci beaucoup, Georges. » – « Y a pas de quoi, si je peux rendre service ! » Pourquoi Georges, me direz-vous ? Eh bien tout simplement parce que l’animal est bien connu dans le coin, même si c’est la première fois qu’un dauphin ambassadeur croise en Manche Est. D’ailleurs, une équipe de bénévoles suit ses déplacements et donne quelques informations à son sujet. Voilà le petit récit de cette plongée bien sympathique et peu ordinaire de ce week-end du 20 octobre 2002. En espérant que chacun d’entre vous puisse avoir la même opportunité de faire cette fabuleuse rencontre avec Georges. Pour conclure, nous avons tenté de faire croire à nos amis anglais qu’ici, c’était comme cela à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme l’impression qu’ils ne m’ont pas cru ! Peut-être à cause de mon accent qui était plus du côté de Marseille que du côté de « London »… Ah oui ! J’oubliais. Après la plongée, Georges est revenu dans le port de Dieppe où il a fait la joie et le spectacle auprès des nombreux touristes de passage, devant le quai Henri IV. |
Des images plein la tête et des plongées de rêve. Alors, à bientôt en Manche Est
René Tamarelle – Plongeur au GCOB et Ex-Président du GRIEME – Corsaire d’Ango
Photos
SÉQUENCE PHOTOS – AUTRE REGARD
VIDÉOS À RETROUVER SUR LA CHAÎNE YOUTUBE DU GRIEME


















(Reproduction interdite sans autorisation du GRIEME)
UNE HÉLICE D’AVION SUR LE H.M.S. DAFFODIL
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Le 2 août 2002, le GRIEME, le GCOB et le SVPCA ont procédé au renflouage d’une hélice d’avion découverte sur l’arrière du H.M.S. Daffodil. Cette opération avait bénéficié du soutien de la SNSM locale et de plusieurs partenaires, dont la municipalité de Dieppe et le patron pêcheur du trémailleur Liberté. Retrouvez toutes les informations sur ce sujet en cliquant ici : OPÉRATION HÉLICE |
LE COIN DES COLLECTIONNEURS DE CARTES POSTALES EN DIRECT DE ZEEBRUGE
Cliquez sur la carte postale pour l’agrandir (tous droits réservés)
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DE PLUS DE 100 M DE LONG À QUELQUES DIZAINES DE CENTIMÈTRES

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Une « trouvaille de François WENDER, plongeur au CSR, dans une boîte de mécano de 1938 de son père, la notice propose de construire un train-ferry. »
Une silhouette bien connue des plongeurs seinomarins.
Mobilier
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Nous vous présentons ci-dessous quelques éléments ayant fait l’objet d’un prélèvement, dans le cadre de l’étude que nous menons sur les épaves de Manche-Est, afin de les identifier. Il est important de noter que la totalité des objets que notre association prélève sur les épaves font l’objet d’une déclaration auprès des autorités compétentes et d’une autorisation délivrée par le DRASSM. Les vestiges que le GRIEME a prélevés seront prochainement exposés dans leur totalité au Château-musée de Dieppe, avec lequel nous menons actuellement des démarches pour la mise en place d’une exposition permanente. Pour cela, nous sommes aidés par la représentante du DRASSM pour le littoral de la Manche-Est. |
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Renseignements Pratiques
RENSEIGNEMENTS PRATIQUES
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Pour y plonger, le port de Dieppe est le point de départ idéal (le plus proche de l’épave). On peut aussi partir de Fécamp ou de Saint-Valéry-en-Caux, mais il faudra une mer belle, car la distance devient importante. Quelques clubs qui plongent régulièrement sur l’épave du H.M.S. Daffodil : Le club GCOB (Bihorel) |
BIBLIOGRAPHIE ET CRÉDITS PHOTOS
La Science et la Vie n° 44 (mai 1919)
La Vie du Rail Connaissance de Dieppe – Claude Ferron GRIEME
Photos sous-marines de Patrice Strazzera et GRIEME

Retrouvez le H.M.S. Daffodil dans La Saga des Épaves de la Côte d’Albâtre – Édité par le GRIEME
En vente par correspondance sur notre site internet
Cartes Postales
LES TRAINS-FERRY PAR LA CARTE POSTALE

Vidéos
VIDÉOS SUR LE DAFFODIL
Projet SOS




Carte postale – D.R.


(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Dessin de Jean-Luc Lemaire
































