ALBERTVILLE
Histoire
Mardi 11 juin 1940 – Attaque aérienne sur le port du Havre
L’Albertville a cessé d’exister
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Au milieu des années 1920, la CMB accompagne le développement des échanges avec le Congo belge (indépendant en 1960 sous le nom de Zaïre, puis République Démocratique du Congo). La commande la plus importante est passée aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire : construire un paquebot de 153 m pour 358 passagers (240 membres d’équipage). Livré en 1928, l’Albertville et son jumeau, le Beaudoinville, assurent un service postal entre Anvers et Matadi. En 1936, une modernisation aux chantiers Mercantile (Anvers) affine l’étrave et remplace les machines à charbon par des turbines au fioul, gagnant 2 nœuds. |
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La Guerre
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En janvier 1940, l’Albertville est désarmé à Anvers. Le 11 mai, après l’invasion allemande, la CMB ordonne à ses navires de rejoindre les ports français. L’Albertville embarque 216 personnes (membres de la CMB et familles) et quitte Anvers pour La Pallice, puis Bordeaux, où il est réquisitionné le 16 mai (la Belgique a capitulé). Le paquebot est repeint en gris. Sa première mission : récupérer en Angleterre les soldats français ayant fui Dunkerque. Armé de deux canons de 75 mm (datant de la Première Guerre mondiale), il est ensuite dirigé vers Brest pour être démagnétisé (protection contre les mines de la Luftwaffe). Dans cette période de confusion, les ordres et contre-ordres se multiplient. L’Albertville quitte Brest le 9 juin à 16 h avec le Général-Metzinger pour Le Havre, où ils doivent participer à l’évacuation. À leur arrivée, les deux paquebots découvrent une rade saturée. Ils mouillent à l’extérieur en attendant les instructions. Au-dessus du Havre, la fumée des raffineries en flammes obscurcit le ciel. Dans la ville, c’est la panique : soldats et civils se précipitent vers les quais pour fuir. Le patrouilleur Saint-Dominique interdit l’entrée du port à l’Albertville, qui croise alors entre Octeville et la Grande Vallée. |
Naufrage
Le naufrage
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Le 11 juin à 11 h, un vol de reconnaissance allemand est accueilli par les tirs des canons antiaériens de 20 mm de l’Albertville. À 14 h 40, une vague de bombardiers attaque : trois bombes touchent le navire (deux en cale n°3, une près de la coque à tribord), provoquant une gîte de 25-30°. Le commandant Bosquet ordonne l’évacuation. Le navire dérive, puis sombre à 15 h 45. Aucune victime n’est à déplorer. |
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Mobilier
LE MOBILIER : ÉLÉMENTS D’IDENTIFICATION DE L’ALBERTVILLE
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Le mobilier est un excellent moyen d’identifier une épave. Pour l’Albertville, bien que sa position soit connue, confirmer son identité reste rassurant. La vaisselle est l’une des preuves les plus convaincantes : cette assiette, après nettoyage, révèle la silhouette des navires de la CMB et son drapeau. Au dos : Anvers – Dupont Foudrigniers – 1939 – Compagnie Maritime Belge. |
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| Vaisselle de l’Albertville, estampillée CMB | ||
La Plongée
CONDITIONS DE PLONGÉE – IMPRESSIONS
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L’accès se fait depuis la cale du Havre ou la plage d’Antifer (idéal par vent faible). Attention au courant : il faut tenir compte des horaires de marée. Plusieurs plongées (fond de 13 à 20 m) sont nécessaires pour explorer cette épave, où la visibilité est souvent réduite. Prudence : les lignes de pêche et la vase rendent l’exploration délicate. Un fil d’Ariane est recommandé. |
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